Hamilton chez Ferrari, an II : 41 points, un podium en Chine et un titre encore à reconstruire
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Hamilton chez Ferrari, an II : 41 points, un podium en Chine et un titre encore à reconstruire

Quatrième du championnat 2026 après trois manches, un podium volé à Shanghai derrière les Mercedes, un Japon raté à la sixième place : Lewis Hamilton signe un démarrage convenable mais en retrait sur Charles Leclerc. Bilan d'un septuple champion qui apprend encore à dompter la SF-26, et de ce que Maranello devra changer pour viser le titre.

MMax Van Der Walen
9 min

Quarante-et-un points, une quatrième place au championnat, un podium à Shanghai derrière le doublé Mercedes, et un Japon plus terne à la sixième place : la deuxième saison de Lewis Hamilton chez Ferrari a démarré sur une note correcte sans rivaliser avec les ambitions affichées en début d'année. Septuple champion du monde, 105 victoires, 203 podiums, 104 pole positions, le Britannique reste statistiquement le pilote le plus titré de l'histoire de la Formule 1. Mais à 41 ans révolus, et après une première saison rouge éprouvante en 2025, c'est désormais sur le tour à tour qu'il doit prouver que le pari Maranello peut encore viser le titre. Bilan détaillé de trois manches qui dessinent une trajectoire en demi-teinte.

Trois manches, trois scénarios différents

Le récit de l'ouverture 2026 est sans piège mais sans triomphe non plus. À Melbourne le 8 mars, Hamilton signe une quatrième place derrière le doublé Mercedes Russell-Antonelli et Charles Leclerc, troisième pour Ferrari. Le résultat est solide pour un démarrage : le Britannique entre dans les points dès la première course, ce qu'il avait peiné à faire en 2025. Une semaine plus tard à Shanghai, il décroche le premier podium de sa deuxième saison Ferrari : troisième derrière Antonelli vainqueur et Russell deuxième, dans un Grand Prix où la SF-26 a su tenir le rythme Mercedes sur un seul relais. Pour le récit complet de ce dimanche chinois, lire notre récit du podium de Shanghai.

À Suzuka le 29 mars, le scénario s'inverse. Hamilton finit sixième, derrière Antonelli, Piastri, Leclerc, Russell et Norris. Sur un tracé qu'il connaît par cœur, et où il a triomphé cinq fois, le résultat ressemble à une fausse note. La voiture n'a pas trouvé la fenêtre pneumatique, le rythme s'est dégradé en seconde partie de course, et le Britannique a passé son après-midi à gérer la dégradation plutôt qu'à attaquer. Quarante-et-un points cumulés sur trois manches : le rendement reste honnête, mais en deçà du standard que Hamilton s'est imposé sur la décennie 2014-2020.

Le contraste avec Charles Leclerc, équipier de référence

La comparaison interne est sans appel. Charles Leclerc totalise 49 points, soit huit de plus que son coéquipier, avec deux podiums (Australie P3, Japon P3) contre un seul pour Hamilton (Chine P3). Le Monégasque est troisième du championnat, le Britannique quatrième. Sur un tour, Leclerc a montré une capacité à extraire la SF-26 sur les deux qualifications les plus exigeantes (Melbourne, Suzuka), alors que Hamilton a signé sa meilleure performance à Shanghai, circuit historiquement plus favorable à son style.

L'écart n'est pas catastrophique, mais il est structurel. Sur la même période en 2025, Leclerc avait fini la saison à 86 points devant son coéquipier selon Wikipedia, première saison de carrière de Hamilton sans le moindre podium au volant d'une Mercedes ou non. La nouvelle dynamique 2026 lui rend ce podium dès la deuxième manche, ce qui est un progrès net, mais le rapport de force interne ne s'est pas inversé. Pour le contexte du duel rouge en début de saison, voir notre analyse Leclerc-Hamilton chez Ferrari, nouvelle poésie.

Pourquoi Ferrari court derrière Mercedes

Le constat dépasse le seul cas Hamilton. La SF-26 est, à ce stade, la deuxième meilleure voiture du plateau, mais elle l'est avec un écart non négligeable sur la W17 de Brackley. Mercedes a réussi sa transition vers le règlement 2026 (groupe propulseur 50% électrique, MGU-H supprimée, aileron actif) avec une longueur d'avance que Maranello tente de combler. Ferrari conserve un potentiel brut élevé sur un tour, mais perd du temps sur les longs relais à cause d'une gestion de batterie moins optimisée que celle de Mercedes. Les ingénieurs italiens parlent d'un correctif moteur attendu pour Imola fin mai. Pour comprendre les ressorts techniques de la nouvelle règle, lire notre analyse du règlement 2026 et le décryptage de la domination Mercedes en début de saison.

À cela s'ajoute la question stratégique. Sur les trois courses, Ferrari a perdu deux fois de la position en gestion de pit-stop : un undercut Mercedes raté à Melbourne, un overcut mal calibré à Suzuka. Hamilton a publiquement défendu son équipe, mais ses ingénieurs eux-mêmes savent que le bureau d'études doit gagner en réactivité pendant la course. C'est un classique du retour au premier plan d'une écurie : le rythme arrive avant l'opérationnel.

Ce qui a déjà progressé pour Hamilton

Le tableau n'est pourtant pas sombre. Trois éléments distinguent le Hamilton de 2026 du Hamilton de 2025. D'abord, le résultat brut : 41 points en trois courses contre 156 points sur l'intégralité de la saison 2025, soit un rythme deux fois plus élevé extrapolé sur l'année. Pour le détail de cette première saison difficile, voir notre bilan Hamilton Ferrari 2025 à 156 points.

Ensuite, la réception du nouveau châssis. La SF-26 a abandonné une partie des caractéristiques de la SF-25 que Hamilton décrivait comme étrangères à son style. Le Britannique a trouvé un meilleur équilibre en entrée de virage rapide dès les essais hivernaux, et la voiture lui pardonne davantage les erreurs de placement. Enfin, l'approche mentale. Hamilton parle moins de transition et davantage de courses à gagner, signe d'une intégration plus aboutie au sein de la structure italienne. Pour le palmarès complet, consulter sa fiche pilote Lewis Hamilton.

Ce que Ferrari doit changer pour viser le titre

Le bilan après trois manches livre une feuille de route claire pour Maranello. Premier chantier : la performance moteur sur la fin de ligne droite. La gestion de batterie 350 kW est le facteur différenciant de 2026, et Ferrari arrive en deuxième position après Mercedes selon les données de télémétrie publiques. Un correctif logiciel est attendu pour Imola, un upgrade hardware pour la pause d'été.

Deuxième chantier : la stratégie de course. Les deux pertes de position en pit-stop sur trois manches sont un signal fort. La Scuderia a recruté en 2025 un nouveau responsable stratégie venu d'une équipe de mid-field, mais les automatismes ne sont pas encore en place. Le saut qualitatif doit venir avant Monaco, où une seule erreur ferme le week-end.

Troisième chantier : le duel interne. Si Leclerc maintient son ascendant en qualifications et en course, Hamilton risque de devenir le second couteau d'une écurie qui voulait deux flèches. Le Britannique a explicitement signé chez Ferrari pour gagner son huitième titre, pas pour finir derrière son coéquipier. Le management italien devra trancher : laisser le duel s'installer ou favoriser le mieux placé au championnat dès Imola. La saison 2026 reste longue, vingt-deux manches au calendrier dont vingt et une encore à courir, et l'écart de 31 points sur Antonelli reste mathématiquement comblable. Mais Ferrari ne reviendra pas sur Mercedes sans corriger ces trois axes simultanément. Hamilton a déjà fait le plus dur en s'adaptant au châssis. C'est désormais à la structure de Maranello de le rejoindre.

Photo : Wikimedia Commons (voir source et licence du fichier)

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Max Van Der Walen

Analyste motorsport. Couvre la F1, l'endurance et les séries ouvertes depuis 2018. Précision technique, zéro tolérance pour l'approximation.

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