Audi R8 LMS GT3 Evo II vs Mercedes-AMG GT3 : qui a le profil Nordschleife 2026 ?
Deux philosophies, deux V8 et V10 atmosphériques, deux palmarès au Nürburgring. À trois semaines du départ, comparatif technique et historique entre la R8 de Scherer Sport PHX et l'AMG GT3 de Verstappen Racing.
La grille SP9 des 24 Heures du Nürburgring 2026 réunit neuf constructeurs, mais deux profils retiennent l'attention médiatique : la #16 Audi R8 LMS GT3 Evo II de Scherer Sport PHX, vainqueur de la deuxième course des Qualifiers, et la #3 Mercedes-AMG GT3 de Mercedes-AMG Team Verstappen Racing. L'occasion de comparer deux machines au tempérament très différent.
Les deux machines en 2026
L'Audi R8 LMS GT3 Evo II, dernière évolution du modèle introduit en 2019, conserve l'architecture moteur central et la base mécanique R8 de série. Audi Sport y a apporté en Evo II un nouvel aileron arrière, une admission révisée pour les conditions chaudes, et une électronique d'ABS et antipatinage retravaillée pour s'adapter à différents styles de pilotage.
La Mercedes-AMG GT3, dans sa configuration de course alignée en 2026 par Winward et les autres écuries clientes, est une voiture à moteur avant et propulsion. La nouvelle génération AMG GT3 basée sur le châssis C192 a été dévoilée le 23 mars 2026 mais ne court pas encore au Nürburgring : les engagés 2026 utilisent la version actuelle, héritière directe du modèle introduit en 2016.
Moteur et puissance
L'Audi R8 LMS conserve un V10 atmosphérique de 5,2 litres dérivé du moteur de la R8 de série, calibré autour de 585 ch avant ajustement Balance of Performance. La Mercedes-AMG GT3 utilise un V8 atmosphérique de 6,3 litres, désignation interne M159, choisi pour sa fiabilité éprouvée en endurance plutôt que le V8 biturbo 4 litres de la version routière. Sous BoP, les deux machines délivrent une puissance équivalente, autour de 550 à 580 ch selon la grille de pondération SP9.
Aérodynamique et châssis
Les deux constructeurs n'ont pas la même philosophie. L'Audi mise sur une aérodynamique stable et prévisible, qui pardonne en virage rapide et fatigue moins le pilote sur 24 heures. L'AMG GT3, plus longue et au moteur avant, s'appuie sur une répartition des masses différente qui la rend plus pointue en transition, mais aussi plus exigeante à doser sur sol changeant. Sur la Nordschleife, où le tracé alterne portions hautes vitesses (Döttinger Höhe, Schwedenkreuz) et zones techniques très lentes (Karussell, Adenauer Forst), aucune des deux écoles ne sort gagnante d'office.
Palmarès Nürburgring 24h
Audi compte cinq victoires au général : 2012 (Phoenix Racing), 2014 (Phoenix Racing), 2015 (WRT), 2017 (Land-Motorsport), et 2024 (Scherer Sport PHX, course écourtée par le brouillard). Mercedes-AMG en compte deux : 2013 et 2016, toutes deux signées par Black Falcon avec la SLS AMG GT3, l'ancienne génération à moteur central. Depuis le passage à la AMG GT3 actuelle, le constructeur de Stuttgart n'a plus gagné le 24h, malgré plusieurs podiums (Maro Engel, Daniel Juncadella, Adam Christodoulou, Maximilian Götz ont tous fini deuxièmes ou troisièmes ces dernières années avec Team GetSpeed).
Cas 2026 : Scherer Sport PHX vs Verstappen Racing
L'Audi #16 confiée à Christopher Haase, Ben Green et Alexander Sims arrive en favorite après sa victoire en Qualifiers race 2. L'écurie Scherer Sport PHX (anciennement Phoenix Racing) est l'opérateur historique d'Audi au 'Ring, et Haase y compte deux victoires personnelles (2012, 2014). Le profil typique d'un équipage Audi gagnant : régularité, gestion d'usure, expérience cumulée hors norme du tracé.
La Mercedes-AMG #3 de Verstappen, Juncadella, Gounon et Auer se présente avec un fond de vitesse pure indéniable mais une expérience cumulée du 24h très inférieure. Pour comprendre la structure qui opère cette voiture, lire notre analyse Verstappen Racing. Pour le contexte général du plateau et des autres favoris, voir la preview Nürburgring 24h 2026.
Le 16 mai dira lequel des deux profils, atmospherique central allemand ou moteur avant Stuttgart, signe le 54e vainqueur du 'Ring.
Photo : Wikimedia Commons (voir source et licence du fichier)
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Max Van Der Walen
Analyste motorsport. Couvre la F1, l'endurance et les séries ouvertes depuis 2018. Précision technique, zéro tolérance pour l'approximation.
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